Is there still a part of you that wants to live ?
Posted by Laurent Redondo Sanchez | Filed under Sentiments
C’est la conclusion des longues journées, des dépenses d’énergie, des satisfactions, des angoisses, des espoirs. On remplit son carnet de route, on sait où nous sommes, on sait où nous allons. Il est 19h et progressivement, tous ces mouvements vont diminuer en intensité pour laisser place à une nuit qui ne suffira pas. Nos corps suivent ces chemins sans broncher. Puis le téléphone sonne et frappe terriblement le silence qui s’installe. Cette voix si familière aligne paisiblement des mots que personne n’a envie d’entendre. Je n’ai pas de bonnes nouvelles à propos de Vincent.
On a beau dire que notre finalité à tous est identique, on s’embarque dans des discours afin de faire tomber les tabous sur la mort, cela n’enlève rien à la peine, aux larmes. J’ai transmis l’information. Non sans peine. Non sans écourter la conversation. Je te téléphonerai à nouveau quand j’en saurai plus.
Demain matin, sur le coup de six heures, mes yeux s’ouvriront sur une autre page. Wikipedia m’aura appris ce qu’était une rupture d’anévrisme. J’irai voir mon père et nous attendrons. Nous reprendrons le chemin que nous avons dessiné. Je penserai à lui, à Stéphane. Je serai dans l’expectative de ce terrible moment, cet instant où nous saurons. Il n’y aura peut-être plus rien à faire. A moins qu’il ne se réveille. Ce n’est pas très bien parti mais il est à l’hôpital, vivant.
C’est dingue. La première chose à laquelle j’ai pensé, c’était à mon blog personnel. Comme si c’était devenu le meilleur moyen de dire à son entourage que bon, les gars, je ne suis pas super festif, mon oncle est un peu mal barré. Je crois que c’est pour éviter les airs faussement attendris, ceux qui attendent qu’on verse une larme, ceux qui veulent subitement se montrer importants. Ce n’est pas moi qui suis aux portes du dernier voyage. Peut-être qu’il ne serait pas inutile de commander une quinzaine d’études sociologique sur le sujet. Je m’en fous un peu. Personnellement, écrire me donne un sentiment de soulagement. La force de courir à nouveau.
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